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Il y aura cette tirade sur ce but qui aurait changé la face de l’Euro mais que l’arbitre n’a pas vu et elle se conclura par une ode à l’arbitrage vidéo (que les instances compétentes refusent de mettre en place parce que ça les arrange bien de pouvoir arranger les scores en se retirant derrière l’erreur humaine).

Il y aura cet article qui nous explique que les couples se déchirent parce que monsieur passe sa vie à regarder les foot, le tennis ou le cyclisme à la télé pendant que madame s’ennuie : il y aura cette étude qui montrera que les femmes ne se languissent pas du tout pendant les grandes compétitions mondiales, non, elles auraient tendance à profiter du manque d’attention de leur mari pour filer sur les réseaux sociaux; il y aura des textes critiques qui dénoncent la colonisation des esprits prolétariens par ce passe-temps aliénant qui singe la guerre ; il y aura ce livre qui critique la marchandisation de toutes ces pratiques originellement ludiques et populaires ; il y aura des centaines de pages écrites, de reportages tournés ou de tee-shirt achetés à la gloire des exploits de Iniesta, Philippe Gilbert ou les frères Borlée ; il y aura d’autres discussions encore…

Peu importe au juste la manière dont on abordera la question, le sport, cet été encore, on risque d’en parler beaucoup. Alors pourquoi aborder le sujet ici ? Le dossier suivant contient des textes qui pourraient, justement, nourrir, détourner ou relancer les conversations nommées ci-dessus.

Des conversations que nous avons décidé de prendre avec tout les sérieux et le respect qu’elles méritent.

Le sport, en effet, pose fondamentalement la question du style. Le coach qui répond au journaliste que « la concurrence au sein du vestiaire a véritablement boosté les résultats de l’équipe » parle comme un manager et fait, littéralement, une déclaration politique à l’insu de son plein gré (quoique). Et l’entraîneur qui explique, à un écrivain venu l’interroger, que la passe peut se concevoir comme la base d’une pratique de la construction du collectif, ne pense pas du tout le monde et l’organisation de la société de la même façons que son « collègue » néolibéral.

D’ailleurs, cela fait belle lurette que le coaching aurait dû se concevoir comme un problème politique. Si cette pratique a été sortie du vestiaire, ce n’est pas pour intervertir potentiellement toutes les dimensions de la vie quotidienne afin d’inculquer aux foules comment devenir des winners dans une société qui ne réserve que très peu de places aux loosers – de plus en plus nombreux. Pourtant, un autre coaching reste possible et comme le dit un grand prophète du jeu du ballon, d’origine bohème, il faut savoir apprendre à ses joueurs :
« qu’une défaite n’est jamais une humiliation, jamais ».

Maintenant, à vos marques ! Prêts ! Partez !

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