cowboys indiennes

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Dans « Cowboys » des Fugees, Pras prétendait : « Rien à foutre du sherif, j’ai buté John Wayne. » Périlleux mais bien vu, quand on sait que si le premier est en face de vous avec un flingue, le second vous est déjà rentré dans le cerveau. La conquête du Far West s’opéra comme une vaste entreprise de colonisation territoriale. Le western, lui, s’impose dans nos neurones. Du Dakota du Nord au Nouveau Mexique, le Indiens durent faire avec les cowboys. Et, sur un registre beaucoup plus imaginaire, il nous faut nous arranger avec cette histoire.

Pas de panique ! Sergio Leone nous l’a appris : un genre, ça s’investit, ça se décode – c’est juste une machine a raconter. Et, de ce point de vue, le western reste une sacrée bonne bécane – infernale, mythique et souvent les deux en même temps. Elle fait fonctionner des assassins, des bandits et des justiciers, des business (wo)men et des outsiders. Elle met en scène des ruées vers l’or, des journalistes et l’émergence de nouvelles technologies. Elle montre la création de villes et de richesses – puis leur pillage aussi. Elle réduit l’administration d’un territoire à sa plus simple expression, celle d’un rapport de force, nu et brutal.

Le western devrait constituer une zone de conflit parce qu’il s’agit toujours d’y composer le récit de la civilisation en marche. Raconter une histoire avec des cowboys et des Indiens, forcément, c’est prendre place le long d’une ligne de front. (C’est bien connu) « le monde se divise en deux ». Il y a ceux qui croient que l’avancée du progrès n’est que glorieuse et ceux qui aiment gratter le vernis, surtout s’il est mythique. Une autre légende est toujours possible – il suffit de penser que ça ne s’est pas passé, comme Buffalo Bill fut un des premiers à le scénariser.

Buffalo Bill, « le plus fameux éclaireur de l’Histoire US, l’idole de la Jeune Amérique » passe, à juste titre, pour un des fondateurs du genre western. Ce mythomane mettait en scène la bataille de Little Big Horn en la faisant gagner par les tuniques bleues, et le fit tant de fois dans son Wild West Show qu’il mourut en croyant y avoir participé pour de vrai. En 1891, le couillon annula la représentation de la date liégeoise de son spectacle par peur de l’agitation ouvrière qui régnait dans la ville…

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