De la culture du paradoxe

COMPORTEMENTS... Comment peut-on concilier son histoire et les réponses que l’on doit donner actuellement? Se regarder dans un miroir sans une image floue. Floue parce que plusieurs images se superposent. Exiger la démocratie, alors qu’elle est basée d’abord sur une répartition de la richesse. Et celle-ci commence à faire défaut même ici. Vouloir l’égalité pour tous alors qu’il y a des “règles” que le genre masculin ne subit pas. Fabriquer des armes et les vendre à condition qu’elles ne tuent pas. Comprendre et applaudir la révolte des Tunisiens et repousser les demandeurs d’un monde “meilleur” qui débarquent sur les côtes de l’Europe. Pointer du poing les fils de Moubarak, Kadafi, Ben Ali... et promouvoir les fils de nos politiciens. Condamner les “crimes contre l’humanité” et laisser crever de faim une grande partie de celle-ci. Dire que la croyance est une tare et matraquer les autres avec la sienne. Vouloir être ouvert à l’autre et ne pas aller dans son quartier. Il faut marcher dans Bruxelles pour voir son multiculturalisme, aucun média n’en parle. Vouloir le beurre, l’argent du beurre et s’envoyer le fermier, la fermière et pendre la crémaillère avec la crémière.

Parcours de com

En deux décennies, le temps partiel a envahi le champ du travail salarié. Celles et ceux qui croient que travailler deux semaines par mois équivaut à percevoir deux semaines d’allocations de chômage + deux semaines de salaires vont être décu(e)s. Bienvenue dans le monde impitoyable de la réforme de l’Allocation de Garantie de Revenu.

Le Cercle des Cinés, « living cinema »

Le Cercle des Cinés, dans le quartier du Laveu à Liège, c’est un ciné-club devenu espace de culture alternative. Au sein de la salle de quartier paroissiale qu’il investit chaque dimanche, on trouve, pêle-mêle, un bar, des baby-foots, une table de billard et des fauteuils récupérés qu’on groupe au centre de la pièce avant les projections ou les concerts. Le confort est modeste mais la qualité de l’accueil et de la programmation est telle qu’on est sous le charme. J’ai rencontré Sébastien Demeffe, vidéaste et porteur du projet depuis ses origines. Il a bien voulu nous présenter cette init [...]

Le hérisson qui pique

Liège, la Cité ardente, pourtant connue pour sa diversité, sa convivialité et sa population mélangée, souffre de plus en plus d’un manque de petits espaces culturels et éclectiques. De plus en plus d’établissements de ce type ferment leurs portes – parce qu’ils sont mal situés, ont de mauvais rapports avec leur voisinage qui trouve leur comportement « inconvenant » ou leur clientèle « inappropriée ». Dernièrement, c’était au tour du «Hérisson Kirpi » de fermer boutique.

De l’engagement par « mauvais temps »

Quand il devient difficile, voire impossible, de s’engager dans un mouvement social ou subjectif qui pose des problèmes et des questions aux institutions de tout type, on peut dire qu’on se trouve dans « des années d’hiver » (Guattari) . La seule possibilité d’occuper l’espace public, c’est de délirer sur l’identité en néantisant la politique – comme nous l’a montré la (très) plate-forme SHAME. Que faire pour sortir de la déprime avant que le temps ne se gâte encore plus? D’abord penser la défaite. En commençant par celle de l’altermondialisme.

De l’acte individuel au mouvement collectif

Le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, Tunisien de 26 ans, s’immole par le feu devant le siège du Gouvernorat de Sidi Bouzid. Le même jour, la police avait confisqué sa charrette et sa balance alors qu’il vendait des fruits et légumes sur le marché sans autorisation. Désespéré, incapable de plaider sa cause et de récupérer son stock, il décide de passer à l’acte. Il décédera deux semaines plus tard, le 4 janvier 2011, à l’hôpital. En préférant mourir plutôt que de vivre dans la misère, il a mis le feu aux poudres de la révolte du peuple tunisien contre son gouvernement et son président, [...]

(R)évolutions dans les pratiques syndicales?

A l’heure où les mobilisations sociales et les mouvements de contestation réussis se font au départ de facebook… A l’heure même où des employés d’IBM Italie ont fait plier leur direction en convoquant une mobilisation d’avatars sur « Second Life » pour un premier piquet de grève virtuel… Comment les syndicats questionnent-ils leur pratiques, leurs modes de communication et leur identité par rapport à un monde du travail et à un monde tout simplement en pleine mutation ? Et au-delà de certaines formes expérimentales et minoritaires émergentes à l’étranger, nos grands syndicats institutio [...]

Art contemporain et politique

La question des liens qu’entretiennent l’art et la politique traverse toute la modernité. De Shaftesbury à Adorno, la querelle a concerné les théoriciens de différentes disciplines et favorisé l’éclosion de thèses en tous sens sur la politisation de l’art jusqu’à l’esthétisation du politique. La modernité avait assis, bon an mal an, le statut de l’artiste, dans sa prétention à contester l’ordre politique. Avec l’art contemporain, le débat s’intensifie et s’opacifie. Depuis les années 70, les artistes s’emploient à fondre l’art dans la politique et la politique dans l’art, au point de les [...]

[Les Diogènes] «Que toutes les Barbies s’immolent»

Un jour, en se promenant dans la rue, quelqu’un demande à Diogène ce qui est le plus beau au monde, et il répond : « le franc-parler ». En rendant hommage à ce bel apophtegme, Tarek Essaker, le soir de l’ouverture du Festival de Liège, a poussé « un coup de gueule » pour critiquer l’attitude hypocrite de nos démocraties vis-à-vis de la dictature en Tunisie.

[Les Diogènes] Tuez la dette!

Ce jeudi 17 février, du côté de la Caserne Fonck, les journées ont beau être belles et ensoleillées, les nuits restent toujours aussi froides, nous rappelant que le printemps n’est pas encore là. Et pourtant, Frédéric Coumanne, un acteur activiste, membre du Comité pour l’Annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM) a décidé de braver le froid et d’endosser le costume de Diogène pour interpeller les spectateurs du Festival de Liège. À le voir arriver, jetant de faux billets de 100 € par terre, sandales aux pieds, longue barbe, fine tunique et maquillage des mauvais jours, on se dit qu’o [...]

[Les Diogènes] La vie s’écoule, la vie s’enfuit

Auteur, compositeur et interprète, Fanchon Daemers a choisi la voie de la sincérité. Sa voix voyage dans des mondes changeants qui se croisent et dialoguent, par des variations de registres vocaux surprenants. Outre des compositions personnelles, elle chante la poésie comme force de découverte, de communication et de révolte. Dans le Tonneau de Diogène, le 29 janvier, ce sont des chants de résistance qu’elle a choisi d’interpréter : Georges Moustaki, Raoul Vaneigem, Jules Jouy, ainsi qu’une composition pâtissière d’André Stas sur l’air de l’Internationale, en prélude à l’intervention de [...]

[Les Diogènes] Balade en zone verbale

L’Ami Terrien, Madi, Philipou, Virgule, Volau- vent : les slameurs de la Zone interviennent – « en démonstration », mais selon les règles de leurs tournois: sans décor, sans costume, sans musique. Avec pour seul arsenal le rythme des mots. Poétique parce qu’indéfinissable (ou l’inverse).

[Les Diogènes] Chômeurs, Pauvres?: la chasse est ouverte

Fabian Vigne, animateur à la centrale FGTB (Fédération Générale du Travail en Belgique) de Verviers et les jeunes travailleurs sans emploi de la centrale ont voulu interpeller le public présent ce soir-là sur une situation devenue inacceptable pour un nombre grandissant de personnes en Belgique : celle du chômage. Sur le ton de l’humour, Fabian déguisé en chasseur avec un nez de clown commence sa chasse aux pauvres. Il interprète une sorte de personnage surréaliste, mi-chasseur, mi-clown qui veut combattre la pauvreté en chassant les miséreux.

[Les Diogènes] «?Reconquista?»

Quelques liégeois ont fondé le collectif « le Ressort » il y a un peu plus de deux ans. Ils nous présentent leur travail. Ensemble, ils réapprennent à parler : parce que les mots sont importants. Le parlé politiquement correct des technocrates et les expressions branchées qu’on entend dans les médias dominants façonnent nos paroles – et fait taire l’expérience quotidienne. La langue de bois freine la prise de conscience, et « le Ressort » se lance à la « Reconquista » (1) de la pensée et du débat public.

15. [Les Diogènes] Je ne l’accepte toujours pas !

Jeudi soir, 19h30, Ça caille. Le public cultureux commence à arriver. Et les militants du CRACPE à distribuer leurs tracts pour la manif du 3 avril : « Vottem, camp de la honte, 12 ans déjà… JE NE L’ACCEPTE TOUJOURS PAS ! » Un groupe de garçons et filles plutôt jeunes se mettent en cercle et commencent à balancer des percus, c’est le groupe Samba’ctiviste « Rhytms of resistance »…

[Les Diogènes] “Récital boxon”

Maïa, comédienne de formation, raconte s’être « constituée à travers le théâtre, la poésie et les rencontres avec diverses «communautés insurgées ». Elle précise : «Le théâtre que j’essaie de porter tente de découvrir des formes poétiques et subversives critiques du monde actuel, celles qu’on trouve encore partout, dans des lieux improbables. Nous cherchons avec Marolito une oralité vivante, hors académie, liée à la musique. Ma rencontre avec lui donne lieu à une certaine forme de “théâtre concert”. Marolito puise aux sources du flamenco pour rebondir ailleurs… »

[Les Diogènes] Quels possibles??

Ils sont quelques-uns, ce soir-là, à être venus. Des hommes. Des sans-papiers. L’un deux a un djembé. Ses percussions rythment sa parole, ainsi que celle de son ami. Ils interpellent le public, alternativement. Ils ont été invités par une asbl qu’ils fréquentent : « Le Monde des possibles », un centre de formation au français langue étrangère et à l’informatique pour personnes primo-arrivantes. Leur vie dans un Centre d’ « accueil » de la Croix-Rouge est un désastre quotidien. Peut-être même préféreraient-ils vivre dans un Tonneau, comme Diogène. Libres. Plutôt que forcés à vivre dans la [...]

[Les Diogènes] L’Homme

[Les Diogènes] L’Homme
A. aura bientôt seize ans. Un jour, face au flux cathodique diffusant en continu les images lissées du désastre ambiant, la révolte qui grondait en elle depuis des jours, des semaines, des mois, s’est transformée en un cri. Une pulsion. Les mots sont sortis de sa plume, comme arrachés. Bruts. Intenses. Sans aucune complaisance pour notre espèce : l’homme.

[Les Diogènes] Dits-fractions de bipèdes

[Les Diogènes] Dits-fractions de bipèdes
« Que personne ne sous-estime l’habileté du pouvoir à gaver ses esclaves de mots jusqu’à en faire les esclaves de ses mots. » criait Raoul Vaneighem. Le signifiant-maître « Homme » est un de ceux-là. Véritable machine anthropique d’affadissement, d’appauvrissement, d’assèchement du plurivers, il est grand temps de le faire imploser. Quelque part, sous ses propres contradictions, vers une belle et puissante explosion, dé-ployant les esclavemaîtres, rendant justice aux non-humains. Nos désirs font désordre. (…) écrit Nicolas (Zur)strassen, dit Zur, auteur du recueil «Néganthropiques [...]

[Les Diogènes] « Long live la nouvelle avant-garde »

[Les Diogènes] « Long live la nouvelle avant-garde »
Durant l’Antiquité, Diogène apostrophait la foule. A présent, c’est au tour du philosophe de se voir brocardé. De la rue s’élèvent les murmures d’artistes réclamant son départ. Parmi ces contestataires, le musicien Garrett List qui, le temps d’une soirée, n’a pas hésité à déloger l’antique Grec de son confortable tonneau.

[Les Diogènes] Gloupinisons !

[Les Diogènes] Gloupinisons !
On ne présente plus Noël Godin, alias l’entarteur alias le Gloupier. Mais ce soir, point de chantilly ! Le gai luron est venu déclamer une poésie… évidemment pâtissière. Gloup Gloup !