Football, mon amour

Mussolini, Garrincha et les diables rouges

Le refrain est connu : il y a les footeux, et ceux qui s’en foutent. Le foot passion et le foot business, la fête et l’opium du peuple, les valeurs du sport (sa « glorieuse incertitude ») et celles de l’argent fou, de la triche et de la corruption.

Pour ce numéro d’été, C4 a choisi de ne pas jouer les arbitres. Juste quelques regards décalés, en passant, et parmi bien d’autres choses. Qu’est-ce que le foot et sa grand messe, le Mondial, peuvent nous dire aujourd’hui, sur le monde dans lequel nous vivons ? Sur ses rapports de force, économiques et géopolitiques ? Sur nos rites (le stade et ses dieux) ? Sur nos identités vacillantes qui semblent trouver, l’espace d’une compétition, le moyen de se requinquer ?

Le Mondial est né en 1930, première tentative, timide, de globalisation. Quatre ans plus tard, en Italie fasciste, Mussolini, dans une ambiance surréaliste et avec des arbitres à sa botte, s’empare de la fête pour en faire un prodigieux instrument de propagande. Une leçon qui ne sera pas oubliée : en 1970, et en 1978, les dictatures brésilienne et argentine remettront le couvert.

Aujourd’hui, dans un Brésil devenu démocratique, on n’oublie pas que ce sont des joueurs noirs qui ont inventé le dribble, et le plus beau football du monde, pour se faufiler entre des joueurs blancs médusés, sans les toucher, de peur des représailles. Garrincha, c’était le roi du dribble.

Il était boiteux, et presque analphabète. Il est mort à cinquante ans, alcoolique, dépressif et ruiné. Le stade national, à Brasilia, porte désormais son nom. Les Brésiliens en sont très fiers. Ils lui dédieront sûrement la coupe, s’ils la remportent, pour la sixième fois. Mais beaucoup d’entre eux ne s’en demandent pas moins pourquoi on a consacré autant d’argent à construire des stades, plutôt que des écoles, des logements, ou des hôpitaux.

C’est toujours ainsi, avec le Mondial : ombre et lumière, thèse et antithèse. Voyez les équipes nationales : fête collective et participation communautaire, ou chauvinisme et nationalisme ? La Belgique décline tout cela comme elle peut, à coups de chaussettes aux couleurs nationales, pour emmitoufler les rétroviseurs.

Mais les joueurs de la sélection, les diables rouges, blancs, blacks ou beurs sont tous nés en Belgique, purs produits du foot belge.

Mais les joueurs de la sélection, les diables rouges, blancs, blacks ou beurs sont tous nés en Belgique, purs produits du foot belge, d’Anvers à Liège et de Bruxelles à Saint Trond. Si cela se trouve, le lion des Flandres et le coq wallon pourront même rugir et cocoricoter ensemble. Ça durera ce que ça durera.

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Droits sociaux

Un puzzle à soixante mille euros

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Assos

Le Théâtre de la communauté

Le Théâtre de la communauté fête cette année ses cinquante ans d’existence. Or nous le connaissons bien, à C4, pour avoir plusieurs fois collaboré ensemble. Ainsi avons-nous saisi l’occasion de cet anniversaire pour revenir sur son histoire et interroger son avenir.
Dé(s)mêlés

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Le concept du Shiftcore est né voici quelques années déjà dans divers milieux transpédégouines. L’objectif ? Organiser des rencontres itinérantes de plusieurs jours qui mettent en place un dispositif de formation et de création, seul-E ou en équipe, en vue de produire des contenus audiovisuels.
Paradoxes et société

AU BORD DU GOUFFRE (air connu)

La raréfaction de certaines ressources, l’expansion de la demande globale, l’obsolescence programmée, l’offre permanente de nouveaux équipements, de nouvelles fonctions, de meilleures performances, produisent des spirales exponentielles d’achats et de déchets, de consommation et de production.
Pair à pair

Fairplay vue des vestiaires

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Standard le film

Benjamin Marquet est un documentariste français. Il vient de passer plus d’un an en immersion avec les supporters du Standard de Liège. En sort un film unique qui sera présenté en avant-première aux Grignoux en septembre prochain. Rencontre.
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Le mécène est toujours le douzième homme 

Le football régional amateur est-il si différent du foot de haut niveau? Point de vue jeu, certainement. Mais financièrement, n’est-ce pas, en définitive, la même chose?
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Les plus cyniques et les plus critiques s’entendent généralement à concevoir le football comme une vaste entreprise visant à détourner le prolétaire de la révolution. Il se produirait comme spectacle, distraction : opium du peuple.
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Aujourd’hui encore, plusieurs millions de matchs de football auront lieu à la surface du globe. Quelques-uns seulement feront l’objet d’un récit, très souvent formaté pour entrer parfaitement dans les pages sportives des journaux d’informations ou dans les colonnes de la presse spécialisée. Un dispositif d’archivage et de médiation si sélectif appliqué sur une pratique aussi […]
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